Plan contre le racisme

L’appréciation de Woxx du 5  décembre 2025  sous le titre Viele Ziele, wenig Wege 

Le 1ᵉʳ décembre 2025, le gouvernement luxembourgeois a présenté pour la première fois un plan d’action national contre le racisme, près de cinquante ans après la ratification de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (ICERD). Bien que le plan comporte 23 objectifs et 128 mesures, plusieurs organisations de la société civile – notamment le CET, l’Asti et le Clae – critiquent ses nombreuses lacunes et son manque de caractère contraignant.

Le CET, organe central chargé de recevoir les plaintes pour discrimination, déplore le manque de communication, l’insuffisance de ressources et l’absence de précisions quant à la mise en œuvre concrète des mesures. La plupart des actions prévues dans les domaines de l’éducation, du logement ou du travail restent volontaires, sans quotas ni obligations.

Parmi les autres critiques :

  • le label antiracisme envisagé pourrait devenir un simple outil marketing, faute de critères clairs ;

  • l’absence d’une véritable politique d’inclusion et de migration, ainsi que le manque de données permettant de lutter durablement contre les inégalités systémiques ;

  • l’oubli du secteur culturel, alors que les artistes issus de l’immigration sont particulièrement touchés par le racisme structurel ;

  • la quasi-absence d’intersectionnalité, notamment au sein de la police et de la justice, où des pratiques discriminatoires envers des femmes migrantes sont documentées.

Le plan est également critiqué pour son focus quasi exclusif sur le racisme envers les personnes d’origine africaine. Le CET accepte ce choix comme un premier pas basé sur les données disponibles, tandis que le Clae réclame une perspective plus large incluant toutes les communautés concernées, y compris les Portugais, particulièrement exposés au risque de pauvreté selon le Statec.

Un point central concerne le rôle du CET, qualifié de « tigre sans dents » : l’organisme ne dispose toujours pas des moyens juridiques nécessaires pour engager des procédures ou accompagner les victimes. La création annoncée d’un nouveau service pour les victimes risque, selon lui, d’ajouter de la confusion plutôt que de renforcer l’aide.

Malgré ces critiques, le CET se dit prudemment optimiste : des discussions sont en cours pour élargir ses compétences. L’impact réel du plan dépendra, selon l’article, de la volonté du gouvernement à combler ses lacunes, ce qui ne pourra être évalué qu’à long terme, lors de l’évaluation externe prévue en 2030.