«Des conditions qui me choquent»
Une délégation de députés a visité hier trois foyers pour réfugiés. Déi Gréng, notamment, fustigent des conditions de vie indignes. Un mécanisme obligatoire de répartition par commune est réclamé.
Le rendez-vous est fixé devant la structure de primo-accueil composée de chapiteaux au Kirchberg, non loin de la Coque et des institutions européennes. Déi Gréng ont choisi ce lieu symbolisant, selon eux, l’état d’urgence qui caractérise l’accueil des migrants. « Il existe des structures qui ne sont pas dignes d’un pays riche comme le Luxembourg », constate amèrement Djuna Bernard. « Ce que nous critiquons surtout est qu’il n’a pas été possible de sortir de la situation d’urgence. Nous devons trouver des solutions, établir un plan pour un meilleur accueil et une meilleure intégration », développe la députée.
Le point de presse organisé lundi concluait une visite, en matinée, de la commission parlementaire de la Famille dans trois structures d’hébergement pour réfugiés. Les points d’étape en compagnie du ministre Max Hahn, en charge de l’accueil des migrants, étaient Mersch et Soleuvre, où sont à chaque fois logées 300 personnes, et Käerjeng, qui compte deux structures modulaires offrant chacune un toit à une trentaine de demandeurs d’asile.
« Je dois dire que les images continuent de résonner », affirme Djuna Bernard. À Mersch, la situation était selon elle « pénible ». « Un énorme dispositif de sécurité était en place. La visite a été très rapide. Il n’était pas possible d’échanger avec les gens qui nous attendaient », développe l’élue, avant d’ajouter: « On pourrait avoir l’impression que l’on tentait de cacher quelque chose, même si je ne veux faire aucun procès d’intention. » Au moins, les foyers visités auraient été nettoyés de fond en comble avant l’arrivée des politiciens…
Un seul dortoir pour 29 femmes
Le dispositif mis en place n’a pas empêché les députés de constater que les réfugiés sont logés dans des lieux non appropriés. « Il s’agit d’un hall sans fenêtres. Des femmes et des enfants doivent parcourir des dizaines de mètres dans le froid pour se rendre aux sanitaires. Les douches ne peuvent pas être fermées, ce qui pose également un problème de sécurité », relate Djuna Bernard. « Ce sont des conditions d’accueil qui me choquent. Et nous savons qu’il existe d’autres structures où ces mêmes problèmes existent », s’insurge la députée.
À Soleuvre sont logées dans un seul dortoir 29 jeunes femmes de nationalité érythréenne, dont certaines sont mineures. «Nous vivons, nous dormons, nous nous changeons dans un espace unique, sous le regard constant des autres, sans possibilité de retrait ni de repos véritable (…) Peu à peu, l’atmosphère du lieu où nous vivons ne ressemble plus à un espace de protection, mais à un espace de confinement», écrivent les concernées dans une lettre adressée à la Chambre des députés.

Les députés Djuna Bernard et Meris Sehovic se sont exprimés devant le centre de primo-accueil pour réfugiés, composé de chapiteaux, au Kirchberg.
Photo : julien garroy
Déi Gréng plaident pour la mise en place d’un mécanisme de solidarité obligeant les communes à accueillir des réfugiés. « Cela devra se faire en fonction du nombre d’habitants et de l’indice socio-économique des différentes communes. L’existence d’autres structures sociales sera aussi à prendre en compte », détaille Djuna Bernard. Une telle action coordonnée serait nécessaire pour augmenter la quantité et la qualité des structures d’hébergement. Le parti d’opposition invite le gouvernement à mettre en place un plan pluriannuel en la matière. La structure décentralisée et à taille réduite, mise en place à Käerjeng, pourrait servir d’exemple, termine la députée verte.