Au Luxembourg, un réseau de titres de séjours frauduleux à la Direction générale de l’immigration

info MIGRANTS 9.7.2025

Par La rédaction Publié le : 09/07/2026

Cinq agents de la Direction générale de l’immigration du Luxembourg ont été suspendus de leur fonction. Ceux-ci sont impliqués dans un vaste réseau de fraude à l’immigration, révélé au grand public par le parquet le 7 juillet et pour lequel une vingtaine de personnes sont inculpées. Près de 200 titres de séjour frauduleux auraient été émis.

Deux agents de la Direction générale de l’immigration au Luxembourg ont été suspendus, mardi 7 juillet, après une série de perquisitions dans le cadre d’une enquête sur un vaste réseau de fraude à l’immigration.

Le grand public découvre cette affaire, sur laquelle le parquet vient de communiquer, mardi. Mais le dossier d’instruction a en réalité été ouvert par la justice luxembourgeoise dès l’été 2023, à la suite d’une première alerte émanant de la Direction générale de l’immigration. « Il s’agit en l’espèce de la douzième perquisition au ministère des Affaires intérieures, Direction générale de l’immigration, dans ce dossier », expose le parquet dans son communiqué.

Le ministre des Affaires intérieures luxembourgeois, Léon Gloden, a révélé au micro de RTL mardi que trois agents avaient déjà été suspendus en avril 2025, à la suite d’une première perquisition. L’un d’eux avait été placé en détention provisoire.

À ce stade, 25 personnes sont inculpées dans ce dossier. Et cinq agents de la Direction générale de l’immigration sont désormais suspendus de leur fonction.

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La nouvelle vague de perquisitions annoncée ce mardi a touché la Direction générale de l’immigration, le ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, cinq entreprises ainsi que plusieurs personnes physiques, rapporte le média Virgule. Au total, depuis l’ouverture de l’enquête, pas moins de 27 perquisitions ont déjà été exécutées « auprès d’administrations étatiques et d’organismes de sécurité sociale », précise le parquet.
200 titres de séjour frauduleux

La liste des motifs de ce dossier d’instruction est lourde : corruption, trafic d’influence, blanchiment, faux et usage de faux, escroquerie à subvention, trafic illicite de migrants et infractions à la loi sur la libre circulation des personnes et l’immigration, expose le parquet dans son communiqué.

Le réseau aurait permis à plus de 200 ressortissants d’États tiers d’obtenir un titre de séjour au Luxembourg grâce à des documents falsifiés, notamment de faux diplômes, de faux certificats de langue, des contrats de travail ou certificats de domiciliations fictifs.

Toutes les personnes immigrées ayant bénéficié du réseau de fraude seraient originaires de pays hors UE. Les nationalités des personnes concernées n’ont pas été précisées par le parquet. Le ministre a cependant précisé au micro de RTL que les faits concernent le département chargé des ressortissants de pays tiers, et non les demandeurs de protection internationale.

Ces personnes auraient ensuite bénéficié de prestations sociales, sans que le montant exact du préjudice ne soit encore connu.
Des « faiblesses » dans le contrôle des domiciliations

Pour le parquet, ce dossier « révèle des faiblesses administratives importantes, tenant en premier lieu à l’absence de contrôles au niveau de l’inscription aux registres communaux ». Le réseau a en effet pu faire enregistrer des adresses fictives au Luxembourg pour inscrire les ressortissants de pays tiers dans les registres communaux. Ces enregistrement frauduleux étaient effectués contre rémunération – le parquet ne précise pas le montant qui a dû être déboursé par chaque demandeur.

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Suite à ces enregistrements, les faux contrats de travail, diplômes scolaires ou certificats de langue permettaient aux personnes d’obtenir des titres de séjour auprès des services en charge de l’immigration.

Emile Eicher, le président du Syvicol (Syndicat des villes et communes luxembourgeoises), a reconnu auprès du média luxembourgeois L’Essentiel que les contrôles sont « plutôt rares ». « Les systématiser serait plus facile dans les petites communes, où tout le monde se connaît. Dans les grandes villes, avec des quartiers qui hébergent des milliers d’habitants, les gens ne se connaissent pas. »

 

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