Au Luxembourg: «Les sept mesurettes ne changeront rien à la crise du logement»
Gilles Hempel, directeur de la Fondation pour l’accès au logement, critique les nouvelles mesures du gouvernement pour relancer la construction de logements.
«Échec total… et les sept mesurettes du soi-disant « Booster » ne changeront rien à la crise du logement». Notre article sur les agents publics contraints de déménager du Luxembourg pour s’installer en Grande Région a fait vivement réagir Gilles Hempel, directeur de la Fondation pour l’accès au logement.
«Et je ne parle pas uniquement des agents publics, explique-t-il à L’essentiel. Lorsqu’une infirmière, un policier, un enseignant ou encore un salarié du secteur privé est contraint de quitter le Luxembourg non par choix mais parce qu’il ne peut plus se loger dans le pays où il travaille, cela révèle un dysfonctionnement majeur».
Gilles Hempel estime que le logement est devenu un «facteur d’exclusion». Il ne s’agirait plus d’un problème touchant uniquement les ménages les plus modestes, mais désormais aussi une «partie importante» des classes moyennes. «Quand un pays n’arrive plus à offrir à ceux qui le font fonctionner la possibilité d’y vivre, on ne peut plus parler d’un simple déséquilibre du marché, juge-t-il. C’est l’échec de plusieurs décennies de politique du logement».
S’agissant des mesures du «Booster» qui ont été présentées par le gouvernement le 16 juillet dernier, Gilles Hempel admet qu’elles pourront faciliter certains projets individuels ou soutenir temporairement l’activité dans la construction, via des aides, des avantages fiscaux et du soutien à l’investissement. «Mais elles ne s’attaquent pas aux causes structurelles de la crise, déplore-t-il. Elles ne répondent ainsi pas à la question centrale: comment augmenter durablement l’offre de logements réellement abordables et sortir une partie importante du parc de la logique spéculative? Sans mobilisation des logements vacants, sans lutte contre la rétention foncière et sans augmentation massive du parc public et non lucratif, nous continuerons à courir derrière les prix».